Dans un contexte de volatilité énergétique, le secteur du dépannage et du remorquage ainsi que d’autres secteurs se retrouvent en première ligne.
Bien que le prix du diesel ait subi plusieurs pics de volatilité ces dernières années, il s’est engagé dans une phase de relative stabilisation depuis 2023. Toutefois, cette apparente accalmie reste fragile et masque une réalité complexe pour les professionnels du dépannage.
Evolution du prix moyen du diesel B7 en Belgique (2020-2025) Source : StatBel Si les prix à la pompe ne connaissent plus l'envolée brutale vécue en 2022, ils se maintiennent à un plateau élevé, ce qui pèse durablement sur les coûts fixes qui menace directement l'équilibre financier des entreprises. Entre 2020 et 2025, le prix au litre de diesel type B7 est passé de 1,36 € à 1,73 € le litre. Concrètement, cela représente une hausse de près de 27 %.
Pour une dépanneuse avec un réservoir de 300 litres, cela représente un surcoût immédiat estimé à 110 € à chaque passage à la pompe.
Un poste de dépense incompressible
Pour une entreprise de dépannage, le carburant n’est pas qu’une simple charge variable ; c’est le moteur même de son activité. Contrairement au secteur du transport, le dépanneur subit également des contraintes spécifiques :
La consommation "statique" : Faire fonctionner le plateau hydraulique, le treuil ou la grue nécessite de laisser le moteur tourner, avec des hausses de régime moteur pendant l’intervention, augmentant considérablement la consommation réelle par rapport au kilométrage réellement parcouru.
Un chargement important : les véhicules de dépannages sont équipés de d’équipements et de matériel spécifique, permettant d’intervenir dans différentes situations. Parmi ce matériel et équipements : Outillages divers pour la réparation, boosters de batteries, outils a main, outils électroportatifs et également du matériel propre au remorquage et a l’arrimage : Matériel de levage, Sangles diverses, chaines, matériel d’extinction de feu adapté, pelles une brosses, produit absorbant pour l’enlèvement des liquides, cônes de circulations et lampes de signalisations,… tous ces équipements ajoutent parfois plusieurs centaines de kilogrammes au poids à vide d’une dépanneuse – de 3.5T, et avoisinent la tonne pour une dépanneuse plus de 3.5T, ce qui augmente inévitablement la consommation de ces véhicules déjà lourds.
Les trajets à vide : La logistique du dépannage implique souvent des retours au dépôt ou des déplacements vers des zones d'intervention sans véhicule chargé, des kilomètres nécessaires mais non forcément pris en compte dans la facturation de l’intervention, et imprévisibles. Il est donc ensuite impossible de combler de trajet ‘’à vide’’ par une mission annexe.
Des coûts qui grimpent, des tarifs figés
Le principal danger pour les professionnels réside dans la difficulté à répercuter ces hausses :
Contrats d'assistance : Les tarifs négociés avec les compagnies d'assistance sont souvent verrouillés pour l'année, ne permettant pas d'ajustement immédiat en fonction des fluctuations du marché pétrolier qui impactent le dépanneur.
Missions régaliennes : Pour les dépannages sur réquisition de police ou de fourrière, les tarifs sont fixés par arrêté ministériel, laissant les entreprises sans levier de négociation face à l'augmentation de leurs coûts de revient.
Vers des adaptation technologique
Face à cette pression sur les marges, le secteur accélère sa mutation. On observe notamment :
L'optimisation des déplacements : L'usage de logiciels de géolocalisation de pointe devient indispensable pour limiter les trajets inutiles, et arriver rapidement sur le lieu de l’intervention.
La transition énergétique : L'intérêt pour des véhicules et du matériel plus moderne, moins énergivore et pour les motorisations hybrides ou alternatives grandit, ayant un impact direct sur les frais de fonctionnement.
L'écoconduite : La formation des chauffeurs à une conduite plus souple devient un levier de rentabilité significatif.
Les dépanneuses électriques, représentent elles une alternative pour un dépanneur ?
Séduisants, ces véhicules bénéficient d’avantages par rapport aux véhicules thermiques :
Coût à l'usage réduit : Malgré la hausse de l'électricité, le coût au kilomètre reste inférieur au diesel.
Entretien simplifié : Pas de vidanges, pas de filtres, pas de filtres à particules, tout cela rends l’entretien plus simple, plus rapide et moins couteux qu’un véhicule équivalent au diesel.
Zones basse émission : accès illimités aux Zones Basses Emissions.
Confort de conduite et image : Ils bénéficient d’une image propre, de décarbonation et d’un confort d’usage par son silence et l’absence de vibrations.
Malgré cela, ils font face à quelques obstacles majeurs :
L’investissement initial : Le prix d'achat d’un châssis nu de dépanneuse 3.5T peut être 2 à 3 fois supérieur à son équivalent thermique. Cet écart de prix est difficile à amortir, malgré les économies de carburant pouvant être réalisées en motorisation électrique.
La charge utile : Le poids des batteries réduit la charge utile de la dépanneuse électrique, ce qui est critique pour une dépanneuse devant emporter des véhicules de plus en plus lourds.
L'autonomie : chute drastiquement lors des remorquages de véhicules lourds ou lors de l'utilisation des équipements hydrauliques (plateau, treuil), et subit les contraintes du froid comme tous véhicules électriques.
Le temps de recharge : immobilise le matériel, là où la rentabilité du dépannage repose sur la capacité à être disponible 24h/24 & 7J/7.
Conclusion
Plus qu'une contrainte, le prix du carburant pour les dépanneurs agit comme un accélérateur de changement. La résilience de la profession se mesure aujourd'hui à sa capacité à optimiser sa gestion au quotidien tout en développant des stratégies correctrices pour préserver sa rentabilité.
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